Àmoins que, guidĂ©s par la voix de Marcel et de Nicolas Pagnol, vous ne prĂ©fĂ©riez dĂ©couvrir, dans l’arriĂšre-pays marseillais, les lieux de tournage de plusieurs de ses films ainsi que les lieux de son enfance : le village de la Treille, la Bastide LaGloire de mon pĂšre. La Gloire de mon pĂšre est un film français d’ Yves Robert, sorti en 1990 . Le film est basĂ© sur le scĂ©nario de Louis NucĂ©ra et JĂ©rĂŽme Tonnerre, d’aprĂšs le roman Ă©ponyme du cycle des Souvenirs d'enfance de Marcel Pagnol paru en 1957 . Philippe CaubĂšre et Nathalie Roussel incarnent les parents de Marcel Unbon conteur. Spectacle trĂšs agrĂ©able si l'on aime Ă©couter . Pour enfants Ă  partir de 9 ans, Ă  mon avis. # Ă©crit le 03/11/18 , a vu La gloire de mon pĂšre,Théùtre Essaion Paris avec BilletReduc.com. dmk Inscrit Il y a 11 ans 20 critiques. Utile: Oui Non. -une parenthĂšse magnifique. 9/10. Fast Money. Je suis nĂ© dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronnĂ© de chĂšvres, au temps des derniers chevriers. » C'est par ces mots que Marcel Pagnol ouvre en 1959 le premier tome de sa trilogie des souvenirs d'enfance, La Gloire de mon pĂšre ». Le 28 fĂ©vrier 1895, le petit Marcel voit en effet le jour dans la petite ville provençale d'Aubagne, Ă  une vingtaine de kilomĂštres de Marseille, six ans aprĂšs que son pĂšre, Joseph, a Ă©tĂ© nommĂ© instituteur Ă  l'Ă©cole Lakanal. Depuis l'Ă©tĂ© 2003, les visiteurs peuvent enfin dĂ©couvrir le lieu de naissance de l'Ă©crivain, cinĂ©aste et traducteur Ă  la renommĂ©e internationale. AprĂšs de multiples tentatives, la maison natale a Ă©tĂ© rachetĂ©e par la CommunautĂ© d'agglomĂ©ration Garlaban-Huveaune-Sainte-Baume, dont fait partie Aubagne. Les 130 mĂštres carrĂ©s du rez-de-chaussĂ©e ont Ă©tĂ© amĂ©nagĂ©s en appartement d'Ă©poque jouxtant une salle d'exposition et une salle de projection. En rĂ©cupĂ©rant cette jolie façade ocre du centre-ville, oĂč se sont pressĂ©s en 2004 quelque visiteurs, la citĂ© provençale a surtout mis la main sur l'un des rares lieux de mĂ©moire tĂ©moignant du passage de l'enfant du pays, qui quittera Ă  ses deux ans et demi Aubagne pour s'installer Ă  Marseille. Pour retrouver trace du petit Marcel, une visite s'impose aussi au Petit Monde de Pagnol », installĂ© dans l'ancien kiosque Ă  musique de la ville, oĂč les santonniers et crĂ©chistes locaux ont dĂ©cidĂ© de lui rendre hommage un an aprĂšs sa mort en Ă©laborant dĂšs 1975 un dĂ©cor plantĂ© de 200 figurines. Mais si l'on veut palper la prĂ©sence de Marcel Pagnol Ă  Aubagne, c'est dans les collines environnantes _ les monts de TĂȘte-Rouge, du TaoumĂ©, du Garlaban et les barres de Saint-Esprit _, sur ces sentiers de garrigue rocailleux aux odeurs entĂȘtantes de thym et de romarin qu'il faut se rendre. C'est en effet concentrĂ© sur ces quelques kilomĂštres de massifs, non loin de la Bastide Neuve, oĂč il passera, enfant, ses vacances, et du cimetiĂšre de la Treille, oĂč il sera enterrĂ© auprĂšs de ses proches, que Marcel Pagnol a puisĂ© tous ses souvenirs de prime jeunesse, qui seront une source inĂ©puisable pour ses rĂ©cits. Circuits pĂ©destres A l'initiative de deux amis de l'Ă©crivain, une belle idĂ©e touristique a vu le jour il y a une trentaine d'annĂ©es au travers de circuits pĂ©destres _ au total sept boucles qui attirent plus de personnes par an _, le randonneur dĂ©couvre les dĂ©cors oĂč Pagnol a tournĂ© la plupart de ses films. On y passe devant le puits de Raimu, de La Fille du puisatier », le mas de Massacan, maison d'Ugolin dans Manon des sources », la ferme d'AngĂšle, avant d'arriver au pied des barres de Saint-Esprit, oĂč Marcel Pagnol a fait Ă©riger un vĂ©ritable village, Aubignane, pour le tournage de Regain » en 1937, et dont il ne reste aujourd'hui que la maison de Panturle. En redescendant sur Aubagne, se dresse le chĂąteau de la Buzine sur 40 hectares, que l'Ă©crivain avait achetĂ© en 1941 pour y construire des studios de cinĂ©ma. Le projet ne verra jamais le jour en raison de la guerre. ConfrontĂ©e Ă  l'interdiction d'accĂšs de ces sentiers en Ă©tĂ©, pour cause d'arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral, la municipalitĂ© a lancĂ© il y a deux ans des balades théùtrales dans la ville animĂ©es par la compagnie ScĂšnes d'Esprit, qui joue des extraits de ses oeuvres. Porte-drapeau inĂ©puisable Car Aubagne a trouvĂ© en Pagnol, un des auteurs les plus populaires de notre patrimoine littĂ©raire, Ă©tudiĂ© Ă  l'Ă©cole et traduit en sept langues, un porte-drapeau inĂ©puisable. Pagnol est un formidable produit touristique », reconnaĂźt Christian Faglia, adjoint au maire, dĂ©lĂ©guĂ© au dĂ©veloppement touristique Ă  Aubagne. Il a filmĂ© le peuple Ă  travers des scĂšnes de tous les jours, et nous voulons garder ce caractĂšre simple, Ă  la portĂ©e de tous », explique Christian Faglia. Mais ces lieux familiers, qui ont Ă©tĂ© redynamisĂ©s par Claude Berri en 1985 avec le tournage de Jean de Florette » et de Manon des sources », puis par Yves Robert avec La Gloire de mon pĂšre » et le ChĂąteau de ma mĂšre », ne doivent pas s'endormir. Aujourd'hui, la municipalitĂ© d'Aubagne habitants est consciente de la nĂ©cessitĂ© de renforcer la carte marketing autour du grand personnage. Elle rĂȘve de rapatrier ici le patrimoine personnel sur 800 mĂštres carrĂ©s que la famille Pagnol songe Ă  vendre depuis quelques annĂ©es. Dans l'immĂ©diat, elle veut amĂ©nager la propriĂ©tĂ© de Font de Mai de 97 hectares qu'elle a acquise avec l'appui de la communautĂ© d'agglomĂ©ration, pour en faire un lieu d'exposition et un point de dĂ©part plus visible des circuits pĂ©destres. Nous dĂ©marrons du domaine de Font de Mai A , Ă  Aubagne, havre de fleurs et de senteurs, au pied de la masse rocheuse du Garlaban. La garrigue est un enchantement. Notre guide, Georges MĂ©rentier, fan de Marcel Pagnol et naturaliste avisĂ©, prĂ©sente les plantes des collines chĂȘne kermĂšs, thym, romarin, oreilles de liĂšvres et salsepareilles en forme de cƓur
 Elle n'est pas loin, la grosse voix de l'oncle Jules parti chasser avec Joseph La gloire de mon pĂšre la colline est en effet jardin d'enfance du petit Marcel et dĂ©cor naturel pour les films de l'Ă©crivain-cinĂ©aste, premier rĂ©alisateur –au monde– Ă  sortir des studios!Premier arrĂȘt de cette randonnĂ©e alliant littĂ©rature, nature et cinĂ©ma le puits de Raimu B . Marcel Pagnol y a tournĂ©, en 1940, La fille du puisatier, avec Raimu et Fernandel. Pour la petite histoire, ces deux gĂ©ants Ă©taient si jaloux l'un de l'autre qu'il fallait compter le nombre de gros plans, afin de s'assurer que l'un ne vole pas la vedette Ă  l'autre!À dix minutes de marche, nous arrivons aux ruines du mas de Massacan C , oĂč Pagnol situe la ferme d'Ugolin et tourne Manon des Sources. Il fait soif dĂ©jĂ , sous le soleil du Midi. Une petite gorgĂ©e, une pensĂ©e pour l'eau si prĂ©cieuse, pour l'amour des sources qu'avait Marcel Pagnol, et nous cheminons jusqu'Ă  une ferme en ruine. Nous sommes dans le vallon de Marcellin, mais les Aubagnais ne connaissent ce lieu que sous le nom de ferme d'AngĂšle D , prĂ©cise Georges MĂ©rentier. Ici, Marcel Pagnol est si important que certains lieux ont perdu leur nom d'origine!»Dans cet Ă©difice construit pour le tournage d 'AngĂšle adaptĂ© par Pagnol du roman Un de Baumugnes, de Jean Giono, on peut encore voir dans un mur le trou par lequel passait la camĂ©ra, ainsi qu'une baignoire, au dos de la ferme, qui a servi d'entrepĂŽt d'eau pour la fameuse scĂšne d'orage. Et, secret de tournage les machinistes tapaient sur les arbres pour faire taire les cigales, pendant les scĂšnes de pluie factice
 mais cela ne marchait pas toujours!Au-dessus de nous, un Ă©peron rocheux nous rĂ©serve une surprise. Nous arrivons aprĂšs une grimpette sans difficultĂ© d'une demi-heure au village d'Aubignane E il y subsiste des maisons en ruine et une fontaine. De belles pierres de taille ont Ă©tĂ© montĂ©es ici il y a quatre-vingts ans, Ă  dos d'hommes et de mules suant sous le soleil fada, afin de construire un vrai village Ă  l'aide de trente maçons. C'Ă©tait en 1937. On allait tourner Regain, Ă©galement adaptĂ© de Giono. La balade se fait douce durant deuxheures dans le vallon de Passe-Temps F , oĂč Joseph, le pĂšre de Marcel, et l'oncle Jules chassaient la bartavelle. Dans mes petits poings sanglants, je tenais quatre ailes dorĂ©es et en face du soleil couchant, j'ai levĂ© vers le ciel la gloire de mon pĂšre », rĂ©cite Georges, avĂ© l'accent extrait de La gloire de mon pĂšre . Moment d'Ă©motion inouĂŻ. Comme si nos propres souvenirs de lectures d'enfance prenaient vie Ă  leur n'est plus extraordinaire, cependant, que d'arriver devant la maison de week-end et de vacances de la famille Pagnol, de 1904 Ă  1909. Je ne le savais pas encore, mais j'allais passer lĂ  les plus belles vacances de ma vie», a Ă©crit Marcel Pagnol, Ă  propos de la Bastide Neuve G , maison situĂ©e dans un hameau au nord de La Treille H . La petite famille arrivait de Marseille, Ă  pied et en tramway – neuf kilomĂštres ! – Ă  travers le parc du chĂąteau de la Buzine. Georges MĂ©rentier embrasse le paysage nous suivons Ă  l'horizon le cheminement Treille est un haut lieu du souvenir dans les hauteurs du village trĂŽne une villa rouge agrĂ©mentĂ©e de palmiers, La Pascaline. Marcel Pagnol s'y installa en 1956, Ă  61ans, pour Ă©crire ses souvenirs d'enfance. L'Ă©crivain est inhumĂ© dans le petit cimetiĂšre de La Treille. J'ai aimĂ© les sources, mes amis et ma femme», annonce l'Ă©pitaphe, en latin. Et sur celle de Lili des Bellons, le copain de Marcel, fauchĂ© en 1918 Ă  Vrigny Marne, la plume du grand homme Par un froid matin, une balle en plein front a fauchĂ© sa jeune vie. Il est tombĂ© la tĂȘte dans les herbes froides dont il ne connaissait pas le nom, lui qui connaissait toutes les herbes de Provence.» Ce circuit Pagnol est organisĂ© par l’Amicale des personnels du rectorat. Un peu inquiĂšte de la difficultĂ©, je demande Ă  notre prĂ©sident, Franck, de m’envoyer le tracĂ© que je prĂ©pare fidĂšlement Ă  l’aide de mes outils cartographiques 14 km avec un cumul de dĂ©nivelĂ©es de 774 m, sur des sentiers parfois escarpĂ©s ou caillouteux, difficultĂ© 3/5 selon la nouvelle cotation de la FFRP pour personnes ayant de l’entrainement physique moyen ; je prĂ©vois une alternative plus courte. Sur une suggestion de Majo, les Aixois de la communautĂ© d’OVS, plus tout jeunes, dĂ©cident de se mettre en route plus tĂŽt et d’attendre le reste du groupe Ă  la grotte du Grosibou. Evidemment ça ne se passera pas ainsi
 L’album photos complet Trouver l’ancien village de La Treille, coincĂ© entre Allauch, Aubagne et Marseille 11e, Ă  l’aide de deux GPS qui indiquent parfois des directions opposĂ©es, ne sera pas facile. Et nous n’avons pas de carte routiĂšre papier ! la technologie n’est donc pas toujours la meilleure solution
 Origine de La Treille viendrait du nom d’une famille de Ligurie qui s’y installe avec ses deux enfants Claude et Jean Paul au XVIe. Jean Paul est toujours dans les textes affublĂ© de son surnom Jean Paul dit la Treille ! selon François Barby, revue Marseille Quand nous arrivons, tout le monde est dĂ©jĂ  lĂ  c’est ratĂ© pour prendre de l’avance ! C’est dans ce village que se trouve la maison de vacances de la famille Pagnol. – Vous n’allez pas me dire que vous allez Ă  La Treille ? – Nous traversons le village, dit mon pĂšre, mais nous allons encore plus loin. – Mais aprĂšs La Treille il n’y a plus rien ! – Si, dit mon pĂšre, il y a Les Bellons. Marcel Pagnol Nous commençons par le cimetiĂšre de la Treille oĂč est enterrĂ© Marcel Pagnol, sa fille Estelle et sa mĂšre Augustine morte un 16 juin 1910 comme aujourd’hui ; la tombe se trouve face Ă  l’entrĂ©e avec une Ă©pitaphe de Virgile Fontes, amicos, uxorem, dilexit ; dans une autre sĂ©pulture Pagnol, sont enterrĂ©s son pĂšre et la seconde femme de celui-ci Madeleine ; Maurice, le petit Paul, Germaine, RenĂ© et sa femme Martine, ses frĂšres et sƓur nĂ©s du premier mariage de son pĂšre avec Augustine ; depuis 2016, sa niĂšce AndrĂ©e, fille de sa sƓur Germaine. C’est lĂ  dans ce cimetiĂšre que sont enterrĂ©s Ă©galement son ami Lili des Bellons Baptistin David Magnan de son vrai nom, mort pour la France Ă  21 ans et le maçon Marius Brouquier. La montĂ©e dĂ©marre aussitĂŽt, passant devant l’église et la fontaine de Manon, la villa la Pascaline, louĂ©e par Pagnol dans laquelle il a Ă©crit les premiĂšres pages de ses souvenirs d’enfance. Ce devait ĂȘtre en janvier 56. Mon frĂšre [
] avait [
] dĂ©cidĂ© d’aller, avec sa femme, s’installer pour quelques semaines Ă  La Treille, dans [
] la villa rebaptisĂ©e aujourd’hui La Pascaline, qu’il avait gardĂ©e en location depuis le tournage de Manon des sources. La nuit tombait vite, nous rentrions tĂŽt. Marcel passait une partie de ces longues soirĂ©es Ă  Ă©crire. Germaine Gombert Insensiblement, nous passons dans la commune d’Allauch ; dans la traversĂ©e des Bellons, je reconnais la fontaine devant la Bastide neuve oĂč la famille Pagnol passait ses vacances au grand air, pour le bien d’Augustine, la mĂšre de Marcel Pagnol, de santĂ© fragile. S’ouvre alors un paysage de collines typique des films de Pagnol. Les lieux de tournage des films d’Yves Robert ne sont pas toujours les lieux vĂ©cus par Marcel dans son enfance par exemple, dans le film, la Bastide Neuve est aux PlĂątriĂšres Ă  Pichauris. La maison s’appelait La Bastide Neuve mais elle Ă©tait Neuve depuis bien longtemps. Pagnol Sous la Grande TĂȘte Rouge, rouge de la bauxite, un grand abri sous roche sous les deux citernes DFCI. Au croisement marquĂ© Escaoupre1 nous obliquons dans le lit d’un ruisseau Ă  sec, sur de grandes dalles plates parfois creusĂ©es de marmites remplies d’eau, parfois circulant dans un Ă©troit passage envahi par la vĂ©gĂ©tation, signe qu’il y a encore de l’eau. AprĂšs un petit arrĂȘt photos – en haut de g. Ă  d. Marianne, Nathalie, Franck. En bas Maurice, Sylviane, CĂ©dric, Marie-F., Sandrine, Majo, Claude – par un pas un peu haut dans la paroi rocheuse, nous rejoignons le sentier et poursuivons jusqu’au barrage non loin de la source du Chien ; Jean-Luc a pu y voir la cascade en furie. Au loin, Franck nous montre un petit abri sans toit oĂč dans le film, Marcel trouve refuge le jour oĂč
 Soudain, une ombre passa sur le taillis. Je levai la tĂȘte, et je vis le condor. [
] Je pensai qu’il Ă©tait venu par curiositĂ© pure [
]. Mais je le vis prendre un large virage en passant derriĂšre moi et revenir sur ma droite je constatai alors avec terreur qu’il dĂ©crivait un cercle dontj’étais le centre, et que ce cercle descendait peu Ă  peu vers moi ! Je cherchai des yeux [
] un refuge ĂŽ bonheur ! À vingt mĂštres sur ma droite, une ogive s’ouvrait dans la paroi rocheuse [
] Je marchais tout droit devant moi, Ă  travers les cades et les romarins, les mollets dĂ©chirĂ©s par les petits kermĂšs [
]. L’abri n’était plus qu’à dix pas hĂ©las, trop tard ! Le meurtrier venait de s’immobiliser [
] Soudain, il plongea, Ă  la vitesse d’une pierre qui tombe. Fou de peur, et mes yeux cachĂ©s derriĂšre mon bras, je me lançai Ă  plat ventre sous un gros cade, avec un hurlement de dĂ©sespoir. Au mĂȘme instant retentit un bruit terrible [
] une compagnie de perdrix s’envolait, Ă©pouvantĂ©e, Ă  dix mĂštres devant moi, et je vis remonter l’oiseau de proie d’un vol ample et puissant, il emportait dans ses serres une perdrix tressaillante [
] Pagnol, la gloire de mon pĂšre Au virage vers l’est, commence la plus rude Ă©preuve de notre parcours 131 m de dĂ©nivelĂ©e sur une distance horizontale de 401 m, soit une pente de 33%, piste classĂ©e de difficultĂ© rouge, voire noire si l’on tient compte de la nature du terrain. Le groupe s’étire ; Franck organise plusieurs pauses Ă  l’ombre. Je m’accroche parfois aux branches, souffle et sue Ă  grosses gouttes, encourage Majo qui maintient l’intensitĂ© de l’effort bien qu’elle soit au bord du malaise. Finalement tout le monde se retrouve au Pas du Loup crĂąne, visage, bras ou mollets sont rougis par le soleil qui chauffe Ă  plus de 25° et pas de vent ; pendant la longue pause, je cherche la gravure de berger la plus proche que j’ai repĂ©rĂ©e il y a deux ans avec Michel ; aprĂšs 10 mn de recherche, c’est Franck qui l’aperçoit ; quelques gouttes d’eau versĂ©es sur le dessin et voilĂ  la gravure qui apparaĂźt en relief comme par magie ; nous n’en retrouverons aucune autre. Pourtant, sur ces dalles plates exposĂ©es au soleil, se cachent rosaces, fleurs, et un long serpent. Pour voir toutes les gravures de bergers, lire l’article Sur les traces des derniers bergers du Garlaban. Le petit Paul, frĂšre de Pagnol, dernier chevrier d’Allauch, y aurait gravĂ© un de ces dessins. Au sud du Pas du Loup, vers les barres de la Garette, eut lieu la scĂšne des Bartavelles de la Gloire de mon pĂšre. La moitiĂ© du groupe envisage dĂ©jĂ  un retour prĂ©coce. Franck propose plutĂŽt un autre itinĂ©raire qui nous Ă©vitera de grimper au TaoumĂ© mais nous privera de la grotte du Grosibou. Qu’importe, cinq personnes optent pour ce choix, de mĂȘme longueur approximativement, sans le dĂ©nivelĂ©e de 40 m, sans la pente Ă  25%. Tranquillement, nous suivons le balisage jaune qui nous amĂšne, au mĂȘme moment que l’autre groupe, au carrefour avec la piste qui descend du sommet 624 m. Pause repas, moment salutaire et convivial ; chacun a trouvĂ© un rocher pour siĂšge et reprend des forces ; Franck a transportĂ© jusqu’ici une bouteille de vin rouge qu’il partage ; j’offre le reste de rhum arrangĂ© Ă  la cannelle, coutume transmise par notre guide de la communautĂ© OVS. Puis c’est l’heure de repartir ; petite discussion pour savoir si le petit groupe de tout Ă  l’heure commence sa redescente. Si prĂšs de la baume Sourne2, ce serait dommage de ne pas y aller, surtout que chacun semble ragaillardi. AprĂšs une descente chaotique, la grotte apparaĂźt sur notre gauche ; malgrĂ© le sol humide et glissant, elle se visite Ă  la lampe de poche car elle est sombre, sauf, selon Jean-Luc, Ă  la mi-dĂ©cembre lorsque le soleil pointe son nez. Cette grotte a Ă©tĂ© fouillĂ©e par Max Escalon de Fonton dĂšs 1936 puis Jean Courtin en 1974. La situation des peintures, Ă  35 m de l’entrĂ©e originelle, placĂ©es dans une quasi-obscuritĂ©, en fait un sanctuaire profond [ndlr du chalcolitique, pĂ©riode oĂč un outillage, principalement en pierre, peut ĂȘtre complĂ©tĂ© par des objets en cuivre travaillĂ© Ă  partir dĂšs 3000 av. en France] [
] Tout amĂšne Ă  penser qu’il s’agit bien d’un sanctuaire dĂ©corĂ© de maniĂšre homogĂšne et par un petit nombre d’artistes voire mĂȘme par un seul qui a su concevoir, organiser et rĂ©aliser un ensemble d’environ quatre-vingt-quinze Ă©lĂ©ments. Bernard Grasset, BSR 2003 Un peu plus loin, un bouquet de campanules Ă  grandes fleurs campanule carillon ; un passage dĂ©broussaillĂ© mĂšne au Puits du MĂ»rier dĂ©sormais bien cachĂ© dans la vĂ©gĂ©tation sous son toit de maçonnerie. C’est dans une clairiĂšre proche de ce puits qu’a eu lieu la rencontre entre Marcel Pagnol et Lili des Bellons. Franck fait alors remarquer que le Garlaban n’est pas loin et que le groupe des plus fatiguĂ©s pourrait attendre les autres sous les arbres au pied de la montagne. Echange de regards. Nous poursuivons. Le sentier sinue sur le plan de l’Aigle, monte et monte encore, permettant d’observer le Garlaban de plus prĂšs, tel un chapeau melon posĂ© sur une table ; sa croix blanche se dĂ©tache sur le fond du ciel assombri ; au loin Marie a reconnu la haute falaise de La Ciotat et son bec de l’Aigle ; Marseille semble blottie entre les montagnes. Ceux qui ne grimperont pas au sommet du Garlaban 714 m ne seront pas loin de ce point culminant puisqu’ils ont atteint ici 677 m d’altitude. La prĂ©sence de plusieurs antennes sur la Butte des Pinsots a quelque chose de choquant dans les paysages de Pagnol. Parvenus au col du Garlaban, trois volontaires partent Ă  l’assaut de la Croix qui existe sans doute depuis fort longtemps ; sur la carte d’Etat-Major de 1861, le sommet n’est pas repĂ©rĂ© par son nom mais par la Croix. J’y suis dĂ©jĂ  allĂ©e donc je me repose. 25 mn plus tard, nos trois hĂ©ros Franck, CĂ©dric et Claude, sont de retour. Inutile d’envisager dĂ©sormais un circuit de secours ; nous terminerons ensemble. Longue descente sur une large piste jusqu’à un cairn qui signale bien mieux qu’autrefois la table Ă  dessin de l’artiste aubagnais Louis Douard 78 ans aujourd’hui une pierre plate gravĂ©e Passa per aqui. Il a laissĂ© sur les larges dalles des dizaines de gravures bien plus visibles que celles des bergers, dont un ensemble sur le thĂšme de Pagnol. Des sentiers bordĂ©s de gros cailloux dĂ©sormais invitent le visiteur Ă  les suivre. Des plus anciennes gravures de 2006 aux toutes derniĂšres en 2018, la visite sera donc complĂšte et vous constaterez que la qualitĂ© des gravures a progressĂ© au cours des annĂ©es. Rencontre avec les pierres gravĂ©es du Garlaban Diaporama en musique avec sĂ©lection de gravures de Louis Douard nĂ©cessite Adobe Flash Player Les mĂȘmes photos que le diaporama avec prĂ©sentation en spirale nĂ©cessite Adobe Flash Player Une piste Ă  droite nous mĂšne prĂšs d’une petite barre rocheuse signalĂ©e par l’IGN et qu’il faut traverser pour atteindre la grotte de Manon, ou du Plantier ; je le signale Ă  Franck qui n’a pas souvenir de cette difficultĂ© donc
 tout le monde y va. Sur un tracĂ© bleu, quelques pas rocheux en descente nĂ©cessitent que l’on mette les mains puis l’étroit sentier longe le vide. L’une d’entre nous, sujette au vertige, a besoin d’aide et la trouve sans problĂšme. Tout le monde est arrivĂ© Ă  l’abri sous la grotte de Manon, Franck immortalise l’instant. C’est sur le toit de cette grotte qu’Ugolin dĂ©clare sa flamme Ă  Manon ; au-dessus, la source du Cerf, petite vasque construite par le maçon Marius Brouquier et sur laquelle Marcel Pagnol et Orane Demazis ont laissĂ© leurs empreintes un jour de 1934. Longue descente caillouteuse dans le prolongement du vallon des Piches pour rejoindre le col d’Aubignane ; petit arrĂȘt Ă  un carrefour de pistes le balisage jaune emprunte le sentier de gauche mais Franck pense rejoindre le vallon de Passe-Temps Ă  droite. Je lui confirme que la direction de la Treille se trouve indiquĂ©e sur un rocher peint aux couleurs d’Allauch et que la piste sous la ligne Ă  haute tension est facile ; les panneaux directionnels ayant Ă©tĂ© enlevĂ©s, je ne prĂȘte pas attention qu’il y a deux pistes. Nous suivons la plus large qui longe les barres rocheuses du Saint-Esprit ; bientĂŽt elle s’écarte de notre objectif initial mais c’est trop tard pour faire demi-tour car un groupe est dĂ©jĂ  loin devant. Finalement, nous trouvons un Ă©troit sentier sur la droite dans lequel Franck s’aventure pour s’assurer qu’il va dans la bonne direction, sans doute un passage de chasseurs ; il zigzague, longe un petit Ă -pic et arrive sur une piste qui dessert plusieurs propriĂ©tĂ©s privĂ©es. Nous dĂ©bouchons Ă  la Treille, sur le chemin du vallon de Passe-Temps par lequel nous aurions dĂ» arriver. Couper lĂ , c’était une bonne idĂ©e qui nous a fait marcher 15 mn de plus Ă  peine. Nous cherchons la fontaine de Manon dĂšs notre arrivĂ©e car les gourdes sont vides deux litres n’ont pas suffi ; aucun bar d’ouvert dommage de se quitter ainsi aprĂšs une aussi belle journĂ©e. Merci Ă  Franck qui a rĂ©ussi Ă  emmener tout le monde jusqu’au bout, avec une bienveillante persuasion, tel un coach sportif trop fort ! FĂ©licitations Ă  tous ! A chacun son Everest le nĂŽtre, c’était le Garlaban. Une randonnĂ©e un peu difficile qu’il vaut mieux faire au printemps ou en automne car la chaleur est Ă©puisante et il y a bien peu d’ombre. MĂȘme sans le TaoumĂ© et sans le Garlaban, l’intĂ©rĂȘt y est cĂŽtĂ© Pagnol et paysages. AprĂšs Ă©tude de la carte 3245ET au 1/25 000 que je n’avais pas ce jour lĂ , il apparaĂźt que Franck avait raison nous aurions pu dĂ©boucher au niveau du cimetiĂšre en poursuivant malgrĂ© tout la derniĂšre large piste Ă  partir du col d’Aubignane, et en coupant les derniers lacets ; l’itinĂ©raire plus long de 370 m par rapport Ă  l’itinĂ©raire initial par le vallon, est plus reposant en fin de randonnĂ©e. Image de l’itinĂ©raire hors TaoumĂ© et Garlaban 15km515, 5h dĂ©placement 9h07 au total, 538m de dĂ©nivelĂ©e 790 m en cumulĂ© Avec TaoumĂ© et Garlaban bleu prĂ©vu, mĂȘme distance Ă  285 m prĂšs, mais 575 m dĂ©nivelĂ©e 870 m en cumulĂ© TĂ©lĂ©charger la trace dans les deux versions 1Escaoupre provençal escaupre, outil de graveur en biseau. Qui me dira pourquoi ce nom est attribuĂ© Ă  ce vallon ? 2sourne en provençal, sombre ©copyright

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